La directive Omnibus I, entrée en vigueur le 18 mars 2026 après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne le 26 février, relève les seuils de la CSRD à plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, ce qui retire environ 80 % des entreprises européennes de l'obligation de rapport de durabilité.
Leaseworld finance les équipements que cette réforme n'exonère pas de moderniser — machines, énergie, flotte, bâtiment — par des loyers sur 36 à 84 mois, avec une réponse sous 48 heures.
Car sortir du reporting ne signifie pas sortir de la chaîne de valeur : les PME et ETI qui ne publieront jamais de rapport continueront de recevoir les questionnaires de leurs clients qui, eux, y restent soumis.
Qu'est-ce que l'Omnibus I change exactement à la CSRD ?
Le texte a été voté par le Parlement européen le 16 décembre 2025, publié au Journal officiel de l'Union le 26 février 2026 et entré en vigueur le 18 mars 2026 ; les États membres ont jusqu'au 19 mars 2027 pour le transposer.
Sur le fond, trois mesures concernent directement les entreprises françaises.
- Des seuils relevés : le rapport de durabilité ne s'impose plus qu'aux entreprises dépassant simultanément 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net, contre 250 salariés, 50 millions d'euros de chiffre d'affaires ou 25 millions d'euros de bilan auparavant (deux critères sur trois).
- Un calendrier décalé : les deuxième et troisième vagues d'entreprises concernées publieront leur premier rapport en 2028 et 2029, soit deux ans plus tard que prévu.
- Un plafond de chaîne de valeur : une entreprise assujettie ne peut plus demander à ses fournisseurs et clients de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà de la norme volontaire VSME, conçue pour les PME.
En France, la transposition initiale de la CSRD avait été assurée par l'ordonnance du 6 décembre 2023 ; les nouveaux seuils, eux, attendent un texte qui n'est pas encore publié.
Jusqu'à cette transposition, les seuils en vigueur restent formellement les anciens, même si le report des vagues a déjà été acté par la directive dite « stop-the-clock » d'avril 2025.
Pour une lecture complète du dispositif d'origine, notre dossier sur la directive CSRD en France reste la référence.
Pourquoi les fournisseurs sortis du champ restent-ils concernés ?
Le rapport de durabilité d'un grand groupe ne s'arrête pas à ses murs.
Les normes ESRS lui imposent de rendre compte des impacts de sa chaîne de valeur, ce qui inclut les émissions indirectes de ses fournisseurs (le fameux « scope 3 »), lesquelles représentent en général la majorité de son empreinte.
Un industriel de 5 000 salariés qui achète des pièces à un sous-traitant de 120 personnes doit donc connaître, au moins en ordre de grandeur, la consommation d'énergie et les émissions de ce sous-traitant.
C'est là que la réforme déplace la contrainte au lieu de la supprimer.
Avant l'Omnibus, le sous-traitant de 300 salariés aurait produit son propre rapport, audité, sur lequel son client aurait pu s'appuyer.
Après l'Omnibus, il n'en produit plus : le client lui envoie un questionnaire.
Le plafond VSME en limite la longueur et la technicité, mais les questions centrales demeurent — consommation d'électricité et de carburant, émissions, part d'équipements récents, plan de remplacement du matéiel le plus énergivore.
Nous avions fait le même constat, sous un autre angle, pour la commande publique : depuis le 21 août 2026, tout marché public comporte un critère d'attribution environnemental, et c'est au candidat d'apporter la preuve.
Notre analyse des nouveaux critères environnementaux des marchés publics décrit cette bascule ; l'Omnibus l'étend, de fait, aux marchés privés entre grandes entreprises et leurs fournisseurs.
Que demandent concrètement les donneurs d'ordre ?
Les questionnaires que reçoivent aujourd'hui les PME industrielles, du BTP ou de la logistique convergent vers un petit nombre d'indicateurs : l'énergie consommée par unité produite, les émissions des véhicules et engins, l'âge moyen du parc de machines, la présence d'une production d'énergie renouvelable sur site et un calendrier de renouvellement.
Aucun de ces indicateurs ne s'améliore par une note de politique générale : ils dépendent tous de l'équipement installé.
Un compresseur de vingt ans, un chariot thermique ou un éclairage halogène pèsent sur chaque réponse, quelle que soit la qualité du discours qui l'accompagne.
Comment financer la mise à niveau du parc sans fragiliser la trésorerie ?
La difficulté, pour une ETI ou une PME fournisseur, est que la pression arrive au moment où la trésorerie est le plus sollicitée : la Banque de France comptait 70 803 défaillances d'entreprises sur douze mois à fin juin 2026, un niveau historiquement élevé que nous avons commenté dans notre article sur les défaillances et la trésorerie.
Acheter comptant les équipements qui feront baisser les consommations revient à transformer la réserve de sécurité en actif immobilisé, précisément quand elle est la plus utile.
Le leasing renverse cette logique : l'équipement est financé par des loyers mensuels ou trimestriels sur 36 à 84 mois, sans apport, et l'économie d'énergie qu'il génère contribue à payer le loyer dès le premier mois.
Le périmètre finançable couvre tout ce que les questionnaires visent.
- Machines et process : remplacement d'une machine industrielle ancienne par un modèle à variateur, compresseurs, fours, lignes d'emballage.
- Énergie du bâtiment : climatisation et pompes à chaleur, éclairage LED, et panneaux solaires en crédit-bail pour produire sur site.
- Mobilité et manutention : renouvellement de la flotte de véhicules, chariots et engins électriques, bornes de recharge.
- Numérique : capteurs, logiciels de suivi des consommations et outils de reporting qui alimentent les réponses aux questionnaires.
Pour une entreprise qui engage plusieurs chantiers de ce type sur deux ou trois ans, un contrat-cadre de financement fixe une enveloppe et des conditions une fois pour toutes, puis chaque équipement est débloqué en contrat d'application, sans réinstruire un dossier à chaque achat.
Et lorsque le parc existant est déjà payé, le leaseback permet d'en récupérer la valeur en trésorerie pour financer son remplacement.
Un effet secondaire utile : le contrat documente le parc
Un avantage rarement mentionné du financement locatif est d'ordre documentaire.
Chaque contrat porte la désignation exacte de l'équipement, sa date de mise en service et sa durée d'utilisation prévue ; un parc financé en leasing est donc inventorié par construction, avec des dates fiables.
Lorsqu'un donneur d'ordre demande la part du parc renouvelé depuis trois ans ou l'âge moyen des machines, la réponse se lit dans les contrats au lieu de se reconstituer à partir de factures dispersées.
Notre page sur le leasing et la conformité détaille cette articulation entre financement, reprise du matériel en fin de contrat et économie circulaire.
Quel calendrier pour une PME ou une ETI fournisseur ?
Le temps disponible est plus court qu'il n'y paraît.
Les grandes entreprises de la première vague publient déjà leurs rapports depuis 2025 et ont mis en place leurs questionnaires ; celles de la deuxième vague publieront en 2028 sur l'exercice 2027, ce qui veut dire qu'elles collecteront les données de leurs fournisseurs dès l'année prochaine.
Un équipement commandé à l'automne 2026 et livré avant l'été 2027 apparaît dans ces données ; un équipement budgété « quand la trésorerie le permettra » n'y apparaît pas.
En résumé
- L'Omnibus I (entrée en vigueur le 18 mars 2026, transposition au plus tard le 19 mars 2027) relève les seuils CSRD à 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires : environ 80 % des entreprises sortent du reporting.
- Les fournisseurs sortis du champ restent dans la chaîne de valeur des groupes assujettis et continuent de recevoir leurs questionnaires, plafonnés à la norme volontaire VSME.
- Les indicateurs demandés — énergie, émissions, âge du parc, plan de renouvellement — dépendent de l'équipement installé, pas du discours.
- Le leasing finance la mise à niveau sur 36 à 84 mois sans apport, le contrat-cadre sécurise un programme pluriannuel, le leaseback libère la valeur du parc existant.
- Un parc financé en location est inventorié par construction, avec des dates de mise en service fiables, ce qui simplifie les réponses aux donneurs d'ordre.
Vous recevez des questionnaires de durabilité de vos clients et votre parc d'équipements est le point faible des réponses ? Estimez un loyer avec notre simulateur de financement en leasing, parcourez nos accompagnements réalisés, ou contactez nos équipes pour une réponse sous 48 heures.
Sources : Portail RSE (Gouvernement) — « Seuils CSRD et directive Omnibus » · Banque de France — Stat Info « Défaillances d'entreprises », données à fin juin 2026
